Les atouts de la microfinance
On entend par microfinance l’offre de services financiers
(microcrédit, microassurance, etc.) aux populations pauvres, exclues
du système bancaire, sans ressource ni droit de propriété.
Les plus pauvres sont exclus du système bancaire traditionnel parce
qu’ils ne sont pas salariés, parce qu’ils n’offrent aucune garantie
et sont souvent analphabètes, et parce qu’ils ne représentent pas a
priori une population ” rentable “. Ils n’ont donc pas accès aux
services financiers et notamment à l’épargne et au crédit.
Le microcrédit permet à ces femmes et ces hommes démunis de démarrer
une petite activité génératrice de revenus : une microentreprise. Le
prêt est ensuite remboursé grâce aux revenus de cette entreprise, qui
leur permet aussi parfois d’en épargner une partie, et de financer
l’éducation de leurs enfants.
Les Résultats: une méthode efficace contre la pauvreté
En moins de 10 ans, un tiers des clients de la Grameen Bank est
parvenu à sortir de la pauvreté et un second tiers s’est hissé à un
niveau proche du seuil de pauvreté. Par ailleurs, les prêts accordés
ont eu pour effet indirect de permettre aux familles bénéficiaires de
planifier leur avenir à plus long terme, en ce qui concerne l’accès à
l’éducation par exemple. Et les inégalités entre hommes et femmes ont
également été réduites.
D’une manière générale, la microfinance participe à l’accroissement
de la production et de la consommation de produits locaux. Mais elle
ne peut, bien sûr, changer totalement à elle seule la donne dans les
pays les plus démunis.
Les défis pour l’avenir
Pour que la microfinance permette vraiment un développement durable,
il faut à la fois renforcer les capacités des banques des pauvres
existantes, par la formation et l’appui technique, et aussi leur
permettre d’avoir un accès plus facile aux sources de financements
traditionnels.
Ainsi, la microfinance permet à des centaines de millions de gens,
aujourd’hui sans ressources, de sortir de la pauvreté.
La situation des femmes dans le monde et en particulier dans les
pays en voie de développement
Les femmes représentent la moitié de la population mondiale, et
effectuent les deux tiers du temps de travail. Leur rôle est
essentiel, notamment en matière de nutrition et de sécurité
alimentaire.
Pourtant les femmes ne gagnent qu’un tiers du revenu mondial. Elles
possèdent moins de 10% des ressources totales ; elles représentent
2/3 des analphabètes ; elles représentent 2/3 des 1,2 milliards de
personnes vivant avec moins de 1 $ par jour. Souvent aliénées au sein
de leur foyer, les femmes sont, dans la plupart des pays en
développement, exclues du pouvoir politique, économique et social, et
n’ont que rarement accès à la connaissance.
Mais lorsqu’elles ont une activité économique rentable, c’est leur
famille entière qui mange mieux, vit mieux, a accès à l’éducation etc…
C’est pourquoi il est impératif de les aider dans leur lutte contre
la pauvreté.
La microfinance est un instrument efficace de lutte pour les
femmes
De nombreux programmes de microfinance ont pour destinataires des
femmes. L’exemple de la Grameen Bank, notamment, a mis en évidence le
fait que les femmes remboursent mieux les prêts qui leur sont
accordés (dans près de 98% des cas), et que l’impact de cette
augmentation de ressources était plus important si le chef de famille
est une femme. C’est alors leur famille tout entière qui en
bénéficie, en matière de santé et d’éducation par exemple.
Au total, la microfinance tend à améliorer leurs conditions de vie, à
plusieurs niveaux :
Améliorer leur accès à l’éducation;
Favoriser leur participation aux décisions du ménage, notamment en
ce qui concerne les dépenses ;
Contribuer à un changement d’attitude à leur égard, en ce qui
concerne leur rôle dans le ménage et la communauté ;
Augmenter leur pouvoir dans la société et leur faire prendre
confiance en elles-mêmes pour leur permettre de défendre leurs
droits ;
Réduire les inégalités en ce qui concerne le contrôle de la terre,
du travail, des matières premières et des revenus ;
Améliorer leur accès au crédit (parce qu’elles sont bien souvent
exclues du secteur financier formel : banques, caisses d’épargne et
de crédit, etc.…), et leur donner ainsi l’occasion d’augmenter leurs
revenus et de promouvoir leur indépendance économique ;
Faciliter leur accès aux réseaux d’informations et aux marchés, en
leur donnant une expérience du monde en dehors du cadre familial et
en leur offrant la possibilité d’exercer d’autres rôles, qu’ils
soient politiques, économiques ou sociaux.
Pas de santé sans lutte contre la pauvreté
La pauvreté entraîne une détérioration des conditions de vie : la
qualité et la quantité de nourriture sont insuffisantes, les enfants
ne vont pas à l’école et sont poussés à travailler pour apporter un
revenu supplémentaire à la famille, les conditions d’hygiène se
détériorent etc.… Et ces conditions sont aussi celles de la
préservation de la santé.
Il n’y a donc pas de santé sans lutte contre la pauvreté. La
microfinance, en ce qu’elle permet de lutter efficacement contre la
pauvreté, est ainsi un outil intéressant de santé.
Réciproquement, la santé assure de meilleurs taux de remboursement
des prêts (l’augmentation des dépenses pour les soins oblige souvent
l’emprunteur malade à puiser dans le budget du remboursement),
condition indispensable pour que les Banques des Pauvres puissent
fonctionner efficacement.
En outre, en permettant aux ménages d’investir dans l’éducation de
leurs enfants, la microfinance permet la diffusion de pratiques
saines et une prévention des principales pathologies. Certaines
Banques des Pauvres proposent même, conscientes de l’importance du
sujet, des programmes de sensibilisation à l’hygiène. Une étude a
ainsi montré que 53% des femmes bénéficiaires de prêts et de
formation d’une banque des pauvres utilisent des contraceptifs contre
36% des femmes non bénéficiaires.
La microfinance et la lutte contre le Sida
Le sida touche principalement les plus pauvres et la prévention y est
essentielle.
Les Banques des pauvres peuvent jouer un rôle important dans la lutte
contre cette maladie. En générant des rencontres régulières, des
échanges d’information, des sessions de prévention, les Banques des
Pauvres permettent de dépasser les tabous usuels, par des discussions
au sein de la communauté.
Plusieurs institutions de microfinance en Afrique sub-saharienne
proposent par exemple des programmes d’information et d’éducation sur
le VIH/SIDA, dispensés par leur propre personnel, ou en coopération
avec des organisations spécialisées. En général, les rencontres
régulières de groupe (méthodologie de la microfinance) y sont
propices.
Exemples d’actions de Banques des Pauvres contre le VIH/SIDA en
Ouganda
A FOCCAS en Ouganda, des formations sur la nutrition et la santé
(particulièrement sur le VIH/SIDA) sont incorporées aux rencontres
hebdomadaires entre la Banque des Pauvres et les clients. Ce modèle a
eu des impacts positifs sur les indicateurs de santé et de nutrition.
En fait, la combinaison entre crédit et éducation a permis
d’améliorer les revenus des femmes, donc la sécurité alimentaire du
ménage ; parallèlement elle a également permis l’amélioration de la
nutrition et des comportements vis à vis du virus. Le programme a
montré l’importance de la co-existence de services financiers et
éducatifs et le potentiel qu’elle représente dans la prévention de la
transmission de la maladie.
Pour d’autres institutions, comme FINCA en Ouganda, les sessions de
remboursement hebdomadaires des groupes permettent de faire venir des
organisations médicales spécialisées dans la prévention contre le
VIH/SIDA, dans la santé et l’éducation. La discussion au sein du
groupe est un vecteur de succès des politiques de prévention des
maladies et de promotion de la santé
Pas d’éducation sans lutte contre la pauvreté
Comme pour la santé, il est établi que la lutte contre la pauvreté
aide au développement de l’éducation et que, réciproquement, les
Banques des Pauvres ont intérêt à ce que leurs clients soient les
mieux formés possible.
Les Banques des pauvres mettent parfois en place des programmes
d’assistance à l’éducation des familles bénéficiaires.
Exemple de programme de crédit avec éducation.
Une organisation sud américaine de soutien à la microfinance, FREEDOM
FROM HUNGER, a mis en place un système alliant l’octroi de crédits et
un programme d’éducation destiné aux plus pauvres. Dans le but de
lutter contre la malnutrition dans les ménages ruraux, il est en
effet apparu que des services exclusivement financiers seraient
insuffisants. FREEDOM FROM HUNGER propose ainsi aux mêmes personnes :
des services de crédit et d’épargne de groupe, pour leur permettre de
lancer une activité, et de s’assurer des revenus durables ; des
sessions d’information sur la nutrition, la santé et l’entreprise,
afin de diffuser des pratiques saines.
La province de l’ouest est essentiellement rurale(90% de la population vit en milieu rural)ou semi urbaine.Les populations tres dynamiques et entreprenantes y sont en majorite organisees en associations, groupes communautaires,tontines etc…et menent comme activites principales :l’agriculture,l’elevage, la transformation, le conditionnement et le commerce. Les terres potentiellement fertiles se sont appauvries en raison de la surexploitation favorisee entre autre par la pression demographique.Le climat et l’altitude se pretent a la culture de nombreuses denrees alimentaires ainsi qu’a l’elevage de nombreuses especes animales.Malheuresement, le capital d’investissement pour un rendement social et economique soutenu est rare et constitue un facteur limitant a l’expression optimale du genie createur et du savoir faire de ces populations.Autrement dit ,les ressources pour catalyser et vivifier les initiatives locales sont tres limitees et difficilement accessible.
Il est a admettre qu’il nya jamais eu de developpement veritable sans financement.C’est la disponibilite en ressources financieres qui stimule et entretient la creativite,l’entreprenariat et le developpement.
Dans le cas de l’egriculture, ce financement pourrait permettre aux producteurs a la base d’acquerir le materiel de production pour developper les filieres a grande valeur ajoutee, de beneficier des intrants, de mettre sur pied des structures de conservation et de creer des unites de transformation.Elle serait aussi susceptible d’engendrer un effet multiplicateur visible (creation des emplois directs et indirects, reduction du taux de chomage, amelioration du revenu des populations).Une etude recente de la banque mondiale demontre que “si l’on augmentait la production agricole de 10%, on diminuerait la pauvrete de 20% et on augmenterait des emplois de 25%”.
Caracterisation des etablissements de microfinance(EMF) dans l’ouest-Cameroun
Il existe bien des EMFs dans l’ouest cameroun.Cependant ,leur systeme de fonctionnement se prete beaucoup plus a celui des etablissements commerciaux qui developpent au quotidien des mecanismes pour multiplier leurs capitaux.Ils ne sont pas differents des usuriers d’autant plus que la seule relation qui les lie aux clients est financiere et particulierement celle de la recherche du gain.Ils ne manifestent aucune obligation de voir leurs contribuablesgrandir ou ameliorer leurs conditions de vie.Ceci est valable dans les autres provinces du pays.Contrairement a la double mission (sociale et economique)qu’un EMF devrait atteindre,les EMFs du cameroun et plus particulierement celles de l’ouest du pays dans leur systeme de fonctionnement actuel ne sont pas qualifiees pour pouvoir accompagner les populations de base dans une logique de lutte contre les causes de l’appauvrissement et de recherche de bien des couches marginalisees de la population.Les motivations originelles de la creation de ces EMFs sont essentiellement unipersonnelles et ne repondent pas a une option de satisfaction des besoins des communautes a la base.Leur approche manageriale ne tient pas en compte des effets ,moins encore de l’impact qu’engendrent leurs activites sur les beneficiaires.Bien au contraire, ils ne sont soucieux que d’un impact miroir du soi essentiellement capitaliste qui doit leur retourner a tout prix.Le jus consistant de l’orange sucee,on rejette l’ecorce! on s’en fou du contribuable,meme si on a grimpe sur ses epaules pour se retrouver en haut.
Il devient urgent de creer des structures appropriees dotees des capacites reelles et pouvant integrer dans leur ethique d’intervention des mecanismes d’epanouissement socio-economique des populations a la base.Ceci est un prealable pour un developpement harmonise, durable et equitable.
Nous avons echoue dans le procesus de la mise en place d’un systeme financier et economique efficace et effectif qui tient en compte les besoins des populations a la base pour la promotion du developpement et de la croissance economique.Nous avons calque le schema des systemes financiers occidentaux et le resultat est deplorable.Il est temps de creer un systeme financier endogene et inclusif qui tient compte des realites locales afin de satisfaire les besoins populations a la base et d’assurer la relance economique.Les mecanismes de la microfinance sont propres a nos economies depuis des decenies et meritent d’etre capitalises pour le developpement d’un systeme financier endogene et inclusif.
Si le nombre d’experiences concluantes a considerablement augmente au cours des dernieres annees creant un engouement des gouvernements et des bailleurs de fonds, il convient de rappeler les problemes inherents a ce type d’activite.La distance qui separe les microentrepreneurs peut handicaper la constitution d’un portefeuille de clients de taille suffisante pour assurer la perennisationdes structures de microfinance.Ensuite, le microcredit parvient difficilement a atteindreles plus pauvres des pauvres.Enfin, s’ajoutent a cela , le cadre legislatif national souvent mal adapte, et la difficulte des etablissements de microfinance a devenir commercialement viables.
Ainsi donc, a lui seul, le microcredit ne peut parvenir aux objectifs de reduction de la pauvrete.Il doit pour cela etre complete par des actions en faveur de l’acces aux services sociaux de base comme la sante et l’education et par une politique de redistribution des revenus.D’autres part le microcredit ne peut permettre de reduire la pauvrete des populations des regions reculees que s’il existe un minimum d’infrastructures economiques et sociales.Cependant en adoptant une approche integree et endogene par le biais du blog ,nous arriverons a nos fins.
March 6, 2007 at 08:49
Les atouts de la microfinance
On entend par microfinance l’offre de services financiers
(microcrédit, microassurance, etc.) aux populations pauvres, exclues
du système bancaire, sans ressource ni droit de propriété.
Les plus pauvres sont exclus du système bancaire traditionnel parce
qu’ils ne sont pas salariés, parce qu’ils n’offrent aucune garantie
et sont souvent analphabètes, et parce qu’ils ne représentent pas a
priori une population ” rentable “. Ils n’ont donc pas accès aux
services financiers et notamment à l’épargne et au crédit.
Le microcrédit permet à ces femmes et ces hommes démunis de démarrer
une petite activité génératrice de revenus : une microentreprise. Le
prêt est ensuite remboursé grâce aux revenus de cette entreprise, qui
leur permet aussi parfois d’en épargner une partie, et de financer
l’éducation de leurs enfants.
Les Résultats: une méthode efficace contre la pauvreté
En moins de 10 ans, un tiers des clients de la Grameen Bank est
parvenu à sortir de la pauvreté et un second tiers s’est hissé à un
niveau proche du seuil de pauvreté. Par ailleurs, les prêts accordés
ont eu pour effet indirect de permettre aux familles bénéficiaires de
planifier leur avenir à plus long terme, en ce qui concerne l’accès à
l’éducation par exemple. Et les inégalités entre hommes et femmes ont
également été réduites.
D’une manière générale, la microfinance participe à l’accroissement
de la production et de la consommation de produits locaux. Mais elle
ne peut, bien sûr, changer totalement à elle seule la donne dans les
pays les plus démunis.
Les défis pour l’avenir
Pour que la microfinance permette vraiment un développement durable,
il faut à la fois renforcer les capacités des banques des pauvres
existantes, par la formation et l’appui technique, et aussi leur
permettre d’avoir un accès plus facile aux sources de financements
traditionnels.
Ainsi, la microfinance permet à des centaines de millions de gens,
aujourd’hui sans ressources, de sortir de la pauvreté.
La situation des femmes dans le monde et en particulier dans les
pays en voie de développement
Les femmes représentent la moitié de la population mondiale, et
effectuent les deux tiers du temps de travail. Leur rôle est
essentiel, notamment en matière de nutrition et de sécurité
alimentaire.
Pourtant les femmes ne gagnent qu’un tiers du revenu mondial. Elles
possèdent moins de 10% des ressources totales ; elles représentent
2/3 des analphabètes ; elles représentent 2/3 des 1,2 milliards de
personnes vivant avec moins de 1 $ par jour. Souvent aliénées au sein
de leur foyer, les femmes sont, dans la plupart des pays en
développement, exclues du pouvoir politique, économique et social, et
n’ont que rarement accès à la connaissance.
Mais lorsqu’elles ont une activité économique rentable, c’est leur
famille entière qui mange mieux, vit mieux, a accès à l’éducation etc…
C’est pourquoi il est impératif de les aider dans leur lutte contre
la pauvreté.
La microfinance est un instrument efficace de lutte pour les
femmes
De nombreux programmes de microfinance ont pour destinataires des
femmes. L’exemple de la Grameen Bank, notamment, a mis en évidence le
fait que les femmes remboursent mieux les prêts qui leur sont
accordés (dans près de 98% des cas), et que l’impact de cette
augmentation de ressources était plus important si le chef de famille
est une femme. C’est alors leur famille tout entière qui en
bénéficie, en matière de santé et d’éducation par exemple.
Au total, la microfinance tend à améliorer leurs conditions de vie, à
plusieurs niveaux :
Améliorer leur accès à l’éducation;
Favoriser leur participation aux décisions du ménage, notamment en
ce qui concerne les dépenses ;
Contribuer à un changement d’attitude à leur égard, en ce qui
concerne leur rôle dans le ménage et la communauté ;
Augmenter leur pouvoir dans la société et leur faire prendre
confiance en elles-mêmes pour leur permettre de défendre leurs
droits ;
Réduire les inégalités en ce qui concerne le contrôle de la terre,
du travail, des matières premières et des revenus ;
Améliorer leur accès au crédit (parce qu’elles sont bien souvent
exclues du secteur financier formel : banques, caisses d’épargne et
de crédit, etc.…), et leur donner ainsi l’occasion d’augmenter leurs
revenus et de promouvoir leur indépendance économique ;
Faciliter leur accès aux réseaux d’informations et aux marchés, en
leur donnant une expérience du monde en dehors du cadre familial et
en leur offrant la possibilité d’exercer d’autres rôles, qu’ils
soient politiques, économiques ou sociaux.
Pas de santé sans lutte contre la pauvreté
La pauvreté entraîne une détérioration des conditions de vie : la
qualité et la quantité de nourriture sont insuffisantes, les enfants
ne vont pas à l’école et sont poussés à travailler pour apporter un
revenu supplémentaire à la famille, les conditions d’hygiène se
détériorent etc.… Et ces conditions sont aussi celles de la
préservation de la santé.
Il n’y a donc pas de santé sans lutte contre la pauvreté. La
microfinance, en ce qu’elle permet de lutter efficacement contre la
pauvreté, est ainsi un outil intéressant de santé.
Réciproquement, la santé assure de meilleurs taux de remboursement
des prêts (l’augmentation des dépenses pour les soins oblige souvent
l’emprunteur malade à puiser dans le budget du remboursement),
condition indispensable pour que les Banques des Pauvres puissent
fonctionner efficacement.
En outre, en permettant aux ménages d’investir dans l’éducation de
leurs enfants, la microfinance permet la diffusion de pratiques
saines et une prévention des principales pathologies. Certaines
Banques des Pauvres proposent même, conscientes de l’importance du
sujet, des programmes de sensibilisation à l’hygiène. Une étude a
ainsi montré que 53% des femmes bénéficiaires de prêts et de
formation d’une banque des pauvres utilisent des contraceptifs contre
36% des femmes non bénéficiaires.
La microfinance et la lutte contre le Sida
Le sida touche principalement les plus pauvres et la prévention y est
essentielle.
Les Banques des pauvres peuvent jouer un rôle important dans la lutte
contre cette maladie. En générant des rencontres régulières, des
échanges d’information, des sessions de prévention, les Banques des
Pauvres permettent de dépasser les tabous usuels, par des discussions
au sein de la communauté.
Plusieurs institutions de microfinance en Afrique sub-saharienne
proposent par exemple des programmes d’information et d’éducation sur
le VIH/SIDA, dispensés par leur propre personnel, ou en coopération
avec des organisations spécialisées. En général, les rencontres
régulières de groupe (méthodologie de la microfinance) y sont
propices.
Exemples d’actions de Banques des Pauvres contre le VIH/SIDA en
Ouganda
A FOCCAS en Ouganda, des formations sur la nutrition et la santé
(particulièrement sur le VIH/SIDA) sont incorporées aux rencontres
hebdomadaires entre la Banque des Pauvres et les clients. Ce modèle a
eu des impacts positifs sur les indicateurs de santé et de nutrition.
En fait, la combinaison entre crédit et éducation a permis
d’améliorer les revenus des femmes, donc la sécurité alimentaire du
ménage ; parallèlement elle a également permis l’amélioration de la
nutrition et des comportements vis à vis du virus. Le programme a
montré l’importance de la co-existence de services financiers et
éducatifs et le potentiel qu’elle représente dans la prévention de la
transmission de la maladie.
Pour d’autres institutions, comme FINCA en Ouganda, les sessions de
remboursement hebdomadaires des groupes permettent de faire venir des
organisations médicales spécialisées dans la prévention contre le
VIH/SIDA, dans la santé et l’éducation. La discussion au sein du
groupe est un vecteur de succès des politiques de prévention des
maladies et de promotion de la santé
Pas d’éducation sans lutte contre la pauvreté
Comme pour la santé, il est établi que la lutte contre la pauvreté
aide au développement de l’éducation et que, réciproquement, les
Banques des Pauvres ont intérêt à ce que leurs clients soient les
mieux formés possible.
Les Banques des pauvres mettent parfois en place des programmes
d’assistance à l’éducation des familles bénéficiaires.
Exemple de programme de crédit avec éducation.
Une organisation sud américaine de soutien à la microfinance, FREEDOM
FROM HUNGER, a mis en place un système alliant l’octroi de crédits et
un programme d’éducation destiné aux plus pauvres. Dans le but de
lutter contre la malnutrition dans les ménages ruraux, il est en
effet apparu que des services exclusivement financiers seraient
insuffisants. FREEDOM FROM HUNGER propose ainsi aux mêmes personnes :
des services de crédit et d’épargne de groupe, pour leur permettre de
lancer une activité, et de s’assurer des revenus durables ; des
sessions d’information sur la nutrition, la santé et l’entreprise,
afin de diffuser des pratiques saines.
March 6, 2007 at 08:49
La microfinance au cameroun
Cas de la province de l’ouest.
Le constat
La province de l’ouest est essentiellement rurale(90% de la population vit en milieu rural)ou semi urbaine.Les populations tres dynamiques et entreprenantes y sont en majorite organisees en associations, groupes communautaires,tontines etc…et menent comme activites principales :l’agriculture,l’elevage, la transformation, le conditionnement et le commerce. Les terres potentiellement fertiles se sont appauvries en raison de la surexploitation favorisee entre autre par la pression demographique.Le climat et l’altitude se pretent a la culture de nombreuses denrees alimentaires ainsi qu’a l’elevage de nombreuses especes animales.Malheuresement, le capital d’investissement pour un rendement social et economique soutenu est rare et constitue un facteur limitant a l’expression optimale du genie createur et du savoir faire de ces populations.Autrement dit ,les ressources pour catalyser et vivifier les initiatives locales sont tres limitees et difficilement accessible.
Il est a admettre qu’il nya jamais eu de developpement veritable sans financement.C’est la disponibilite en ressources financieres qui stimule et entretient la creativite,l’entreprenariat et le developpement.
Dans le cas de l’egriculture, ce financement pourrait permettre aux producteurs a la base d’acquerir le materiel de production pour developper les filieres a grande valeur ajoutee, de beneficier des intrants, de mettre sur pied des structures de conservation et de creer des unites de transformation.Elle serait aussi susceptible d’engendrer un effet multiplicateur visible (creation des emplois directs et indirects, reduction du taux de chomage, amelioration du revenu des populations).Une etude recente de la banque mondiale demontre que “si l’on augmentait la production agricole de 10%, on diminuerait la pauvrete de 20% et on augmenterait des emplois de 25%”.
Caracterisation des etablissements de microfinance(EMF) dans l’ouest-Cameroun
Il existe bien des EMFs dans l’ouest cameroun.Cependant ,leur systeme de fonctionnement se prete beaucoup plus a celui des etablissements commerciaux qui developpent au quotidien des mecanismes pour multiplier leurs capitaux.Ils ne sont pas differents des usuriers d’autant plus que la seule relation qui les lie aux clients est financiere et particulierement celle de la recherche du gain.Ils ne manifestent aucune obligation de voir leurs contribuablesgrandir ou ameliorer leurs conditions de vie.Ceci est valable dans les autres provinces du pays.Contrairement a la double mission (sociale et economique)qu’un EMF devrait atteindre,les EMFs du cameroun et plus particulierement celles de l’ouest du pays dans leur systeme de fonctionnement actuel ne sont pas qualifiees pour pouvoir accompagner les populations de base dans une logique de lutte contre les causes de l’appauvrissement et de recherche de bien des couches marginalisees de la population.Les motivations originelles de la creation de ces EMFs sont essentiellement unipersonnelles et ne repondent pas a une option de satisfaction des besoins des communautes a la base.Leur approche manageriale ne tient pas en compte des effets ,moins encore de l’impact qu’engendrent leurs activites sur les beneficiaires.Bien au contraire, ils ne sont soucieux que d’un impact miroir du soi essentiellement capitaliste qui doit leur retourner a tout prix.Le jus consistant de l’orange sucee,on rejette l’ecorce! on s’en fou du contribuable,meme si on a grimpe sur ses epaules pour se retrouver en haut.
Il devient urgent de creer des structures appropriees dotees des capacites reelles et pouvant integrer dans leur ethique d’intervention des mecanismes d’epanouissement socio-economique des populations a la base.Ceci est un prealable pour un developpement harmonise, durable et equitable.
Nous avons echoue dans le procesus de la mise en place d’un systeme financier et economique efficace et effectif qui tient en compte les besoins des populations a la base pour la promotion du developpement et de la croissance economique.Nous avons calque le schema des systemes financiers occidentaux et le resultat est deplorable.Il est temps de creer un systeme financier endogene et inclusif qui tient compte des realites locales afin de satisfaire les besoins populations a la base et d’assurer la relance economique.Les mecanismes de la microfinance sont propres a nos economies depuis des decenies et meritent d’etre capitalises pour le developpement d’un systeme financier endogene et inclusif.
March 6, 2007 at 08:49
Limitations de la microfinance au Cameroun
Si le nombre d’experiences concluantes a considerablement augmente au cours des dernieres annees creant un engouement des gouvernements et des bailleurs de fonds, il convient de rappeler les problemes inherents a ce type d’activite.La distance qui separe les microentrepreneurs peut handicaper la constitution d’un portefeuille de clients de taille suffisante pour assurer la perennisationdes structures de microfinance.Ensuite, le microcredit parvient difficilement a atteindreles plus pauvres des pauvres.Enfin, s’ajoutent a cela , le cadre legislatif national souvent mal adapte, et la difficulte des etablissements de microfinance a devenir commercialement viables.
Ainsi donc, a lui seul, le microcredit ne peut parvenir aux objectifs de reduction de la pauvrete.Il doit pour cela etre complete par des actions en faveur de l’acces aux services sociaux de base comme la sante et l’education et par une politique de redistribution des revenus.D’autres part le microcredit ne peut permettre de reduire la pauvrete des populations des regions reculees que s’il existe un minimum d’infrastructures economiques et sociales.Cependant en adoptant une approche integree et endogene par le biais du blog ,nous arriverons a nos fins.